From Gent to Ghent

From Gent to Ghent — 2013.

Bois, velours, fausse fourrure,
laine, hameçons.
Environ 500 cm × 250 cm.

Installation in-situ,
Omi International Arts Center,
Ghent, NY, USA, 2013.

En résidence à Omi (Ghent, NY), au moyen d'une série de cartes-couvertures, de chapeaux de fourrure et dépouilles d'animaux, j'ai voulu évoquer les relations entre les villes de Gand (BE) et Ghent (USA) au moment de la fondation de la seconde au 17e siècle, et souligner le paradoxe entre la beauté et l'audace de l'exploration, de même que la violence de la colonisation et de l'exploitation des nouveaux territoires.

À cette époque, certains pays d'Europe partaient à la conquête des Amériques, emportant avec eux leurs conflits — économiques, religieux, politiques et territoriaux —, qui en engendrèrent d'autres et dans lesquels furent entraînés les Amérindiens. L'exploration de l'Amérique permit de découvrir la présence importante de castors : le commerce de fourrure devint une source essentielle de revenus et d'échanges, mais aussi de conflits entre l'Amérique et l'Europe comme entre les nouveaux arrivants et les Amérindiens. Cela transforma radicalement le mode de vie de ces derniers, qui se disputaient les territoires de chasse et échangeaient peaux de castor contre couvertures de laine et outils en métal apportés par les Européens, qui, eux, se disputaient le territoire en général et les relations privilégiées avec certaines tribus amérindiennes.

Amérindiens et colons européens ne partageaient pas la même notion des droits sur la propriété.

« Vent, courant, terre, mer, plage et berge de rivières sont libres d'accès à tous ceux qui ne sont pas en conflit ouvert avec les Indiens. Ils sont libres de les utiliser et de s'y déplacer comme s'ils étaient nés là. » (Adriaen Van den Donck, 1644, in The Island at the Center of the World, by Russell Shorto)

Et lorsque des Amérindiens cédaient un morceau de terre à des colons, ils estimaient qu'ils pouvaient cependant en conserver l'usage et obtenir la protection des colons lorsqu'ils se trouvaient en conflits avec d'autres tribus indiennes.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Vue d'installation, Omi International Arts Center, Ghent, NY.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Chapeaux et dépouilles d'animaux évoquant
la demande importante de fourrure depuis l'Europe.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Tirées depuis le haut, les dépouilles
semblent extirpées des cartes-couvertures.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Cartes-couvertures évoquant paysage
et désordre, territoires et conflits.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Frontières de Gand (BE), à partir de cartes
des 17e, 18e siècles et actuelle superposées.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Frontières au nord de Gand.
Détail avec hameçon.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Côtes du New Jersey, New York et Massachusetts,
à partir de cartes des 17e et 18e siècles
et actuelle superposées.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Nord de la côte du New Jersey,
baie de New York et début de Long Island.
Détail.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Commune de Ghent (NY), à partir de cartes
de Columbia County du 19e et actuelle.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Détail avec hameçon.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Les rivières très fournies en castors
lors la fondation de Ghent (USA).

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Détail avec hameçons.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Les Amérindiens considéraient que le territoire était libre d'accès à tous,
à condition de n'être pas en conflit ouvert avec eux.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Territoire aux bordures ouvertes et flexibles.
Détail.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Des maladies ont infecté et parfois décimé
des tribus amérindiennes au contact
des Européens.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Les couvertures échangées étaient « marquées »,
indiquant nombre et taille des peaux de castors.

Lucile Bertrand - From Gent to Ghent

Dépouilles d'animaux et fils de couleurs.
Détail.